Agriculture : La ministre fustige la pression " destructrice" exercée par certaines grandes enseignes .
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Agriculture : La ministre fustige la pression “destructrice” exercée par certaines grandes enseignes
Les tensions montent entre la grande distribution et les industriels de l’agroalimentaire. La ministre française de l’Agriculture a récemment dénoncé ce qu’elle qualifie de pression « mortifère » exercée par certaines enseignes lors des négociations commerciales en cours.
Des négociations sous haute tension
Chaque année, entre décembre et mars, supermarchés et fournisseurs discutent âprement des conditions tarifaires qui détermineront les prix en rayon pour les mois suivants. Mais cette fois, le climat semble particulièrement tendu.
Selon la ministre, certaines enseignes refuseraient d’examiner les demandes d’augmentation de prix formulées par les industriels, même lorsque celles-ci sont justifiées par la hausse des coûts de production (énergie, matières premières, transport). Dans le même temps, elles exigeraient des baisses tarifaires, créant un déséquilibre jugé préoccupant.
Elle estime que ce bras de fer fragilise toute la chaîne de valeur. Lorsque les industriels voient leurs marges comprimées, cela finit par impacter directement le prix d’achat des matières premières agricoles. En clair : au bout du compte, ce sont les agriculteurs qui risquent de payer la facture.
Menaces de déréférencement
Autre point sensible : certaines enseignes menaceraient de retirer des produits des rayons en l’absence d’accord commercial. Cette pratique, perçue comme un levier de pression, inquiète le gouvernement, qui y voit une stratégie pouvant mettre en difficulté des entreprises agroalimentaires déjà fragilisées par le contexte économique.
Un grand groupe laitier français a d’ailleurs récemment accusé une centrale d’achat européenne regroupant plusieurs enseignes de distribution de retirer certains de ses produits pour obtenir des concessions tarifaires.
Les centrales d’achat européennes dans le viseur
Le débat ne se limite pas aux relations fournisseurs-distributeurs. Il touche aussi aux centrales d’achat européennes, souvent utilisées par les enseignes pour négocier à l’échelle du continent.
Le gouvernement considère que ces structures peuvent parfois servir à contourner la législation française encadrant les négociations commerciales. Une évolution du droit européen pourrait donc être envisagée afin d’éviter les failles réglementaires et de mieux protéger les acteurs de la filière agricole et agroalimentaire.
Un équilibre difficile à trouver
En janvier, un premier bilan intermédiaire des négociations avait déjà mis en évidence des tensions persistantes, malgré la signature d’une charte destinée à apaiser les échanges et à mieux prendre en compte la situation des PME.
Le cœur du problème reste le même : comment préserver le pouvoir d’achat des consommateurs tout en garantissant une rémunération juste aux industriels et aux agriculteurs ?
Dans un contexte de hausse des coûts et de pression sur les prix, l’équation devient de plus en plus complexe. Les prochaines semaines seront déterminantes pour l’issue des discussions, alors que le secteur agricole reste sous surveillance.
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